Le gouvernement a tenté d'éteindre la polémique sur l'utilisation des fonds de la Journée de Solidarité, en assurant lundi que "chaque euro" allait aux personnes âgées et handicapées, alors que des voix s'élèvent pour un large débat sur le financement de la protection sociale.

Initialement fixée au lundi de Pentecôte, cette journée a été instaurée après le choc de la canicule de 2003 (15.000 morts). Travaillée, mais non rémunérée, elle est fixée à une date qui leur convient par les entreprises ou les branches professionnelles.

Le gouvernement fait valoir que cette contribution de 0,3% de la masse salariale a rapporté l'an dernier 2,22 milliards d'euros gérés par la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Mais le président de l'AD-PA (directeurs maison de retraites), Pascal Champvert, a mis les pieds dans le plat en affirmant vendredi que 200 millions d'euros issus de la collecte en 2006, et 400 millions en 2007, n'avaient pas été dépensés pour les personnes âgées ou handicapées, mais utilisés par l'Etat pour "boucher de le trou de la Sécu" (assurance maladie).

"Tous les crédits de la dépendance sont sanctuarisés, ils ne peuvent pas retourner vers l'Etat" et "à l'euro près, ils sont bien affectés à la dépendance", lui a rétorqué lundi la secrétaire d'Etat à la Solidarité Valérie Létard.

M. Champvert accuse le gouvernement d'avoir "intégré" les 200 millions d'euros non utilisés en 2006 "dans l'Ondam", l'objectif national de dépenses de l'assurance maladie, de l'année suivante. Et il craint la même opération pour 2007.

La Journée de Solidarité a permis en 2007 de médicaliser 73.000 places d'accueil en maisons de retraite et d'en créer 21.700 nouvelles.

La perte d'autonomie concerne environ un million de personnes handicapées et presque autant de personnes âgées, mais menace à terme une personne âgée sur quatre. D'ici à 2015, on comptera 2 millions de personnes de plus de 85 ans contre 1,3 million aujourd'hui. Le nombre de personnes âgées entrant en maison de retraite a augmenté ces dernières années ne devrait pas diminuer à l'avenir. Les besoins financiers seront donc énormes (aides à fournir comme l'APA, l'APL etc...).

De fait, le gouvernement a prévu qu'un projet de loi sur la création d'un nouveau champ de la protection sociale consacré à la dépendance soit présenté au Parlement dans les mois qui viennent, pour entrer en vigueur en 2009.