Maladie d'alzheimer : les moyens progressent, mais pas assez


Les Lucioles à Reyrieux, première structure d'accueil de jour autonome du département / Archives MM

En 2007, la maladie d'alzheimer était décrétée grande cause nationale. En 2008, le 3ème plan gouvernemental alzheimer lancé.v« L'analyse de son contenu est intéressante, écrivait alors dans le bulletin de liaison de l'association Ain alzheimer, son président, Jean-Michel Fonquernie. Les auteurs ont bien perçu les multiples problèmes posés par l'évolution de la maladie […] Mais, il demeure très insuffisant du point de vue des moyens ».
Un constat qui reste d'actualité, alors que l'association a tenu samedi 25 avril son assemblée générale. « Que fait-on avec deux millions d'euros par an à l'échelle du département ? Pas grand-chose, répond Jean-Michel Fonquernie. Cette somme correspond à la réalisation deux accueils de jours autonomes, sans les frais de fonctionnement. On est donc loin du compte. D'autant qu'il faudrait une place d'accueil de jour pour 1 000 habitants. Avec 560 000 habitants dans l'Ain, on parle donc de 560 places. Or on n'en compte qu'une quarantaine en structure autonome ou arrimée à une maison de retraite. » Pour 7 000 personnes touchées. Auquel il faudra dorénavant ajouter chaque année 2000 personnes supplémentaires, si l'on tient compte de l'allongement de la durée de la vie et de la poussée démographique du vieillissement.
Des structures essentielles, quand on sait qu'une personne âgée sur trois souffrant d'une démence sévère vit à domicile, sous la responsabilité d'un proche : « Elles leur permettent de souffler un peu. »
Des places d'accueil de jour en maison de retraite (entre une et cinq) ont pourtant été créées ici et là dans l'Ain, à la faveur du deuxième plan Alzheimer, dans des maisons de retraite. « Du saupoudrage qui correspond à de la garderie, estime le président Fonquernie. Car on ne peut pas affecter d'emplois à ces malades. Ils sont pris sur les effectifs de la structure et ne sont pas formés à la compréhension de leur psychologie. » Et le constat n'est guère plus brillant en ce qui concerne leur prise en charge définitive. « On ignore en fait le nombre d'établissements qui accueillent ces malades, souvent mélangés aux personnes âgées dépendantes des maisons de retraite. Un état des lieux doit être réalisé. Le schéma gérontologique 2003 estimait déjà à 779 le besoin potentiel de places en unités spécialisées. » On est effectivement encore loin du compte.

Cinq structures d'accueil de jour dans les cartons

Déçu, mais honnête, le président d'Ain alzheimer note que sur le front de l'accueil, le département a fait quelques progrès. Belley vient ainsi d'ouvrir une structure d'accueil de jour de dix places.
Et des projets sont actuellement à l'étude. À Oyonnax, Gex (à l'hôpital) et Bourg, qui doit ouvrir deux structures d'une dizaine de places chacune. L'une adossée à la maison de retraite Le Pélican, et gérée par le centre hospitalier de Fleyriat, l'autre par la municipalité de Bourg, qui s'est engagée à construire une structure autonome, rue de la Citadelle, dans le cadre d'un projet soutenu par Bourg Habitat. Enfin un dernier projet original d'accueil de jour itinérant sur deux structures, à Saint-Trivier-de-Courtes et Montrevel, devrait voir le jour ; fruit d'une coopération entre la MSA et l'ADMR. « L'exemple de ce que l'on peut faire en zone rurale pour une maladie qui a besoin d'une prise en charge de proximité ».


Source: Le Progrès